Commentaire : désormais les journalistes risquent la prison pour « couvertures politiques ! »


Crier haro sur la justice algérienne n’est pas évident lorsqu’on sait qu’un journaliste a été arrêté, placé sous mandat de dépôt puis relâché en moins de 24h sans que la défense ne le sache. Outre les journalistes, des activistes, des politiciens, des étudiants et des artistes…. ont aussi fait l’objet d’arrestations tous azimuts.

D’aucuns estiment que la justice algérienne est «injuste». L’incarcération des journalistes pour couvertures politiques, est jugée «trop abusive» par le peuple qui n’en veut plus de cette «justice du téléphone qui reproche à Khaled Drareni d’avoir couvert les activités du PAD !» a écrit Mme Zouagui, maître de conférences à l’université de Béjaïa qui regrette cette situation «honteuse» dans «l’Algérie de Tebboune».

«On aura tout vu et tout entendu dans l’Algérie de l’après 12/12 ! Couvrir les activités politiques de partis politiques agréés devient un crime dans l’Algérie voulue par Tebboune et ses compères ! Les journalistes risquent désormais d’être jetés en prison juste parce qu’ils ont fait leur travail qui consiste à couvrir les activités les plus ordinaires des acteurs et animateurs de la scène politique…a-elle clamé sur sa page Facebook.

D’un ton révoltant, l’enseignante a tenté d’expliquer cette arrestation en tirant de simples comparaisons. Pour elle, arrêter un journaliste pendant son travail c’est comme «arrêter un enseignant parce qu’il a été pris en flagrant délit d’enseignement dans l’enceinte de son école». Ou bien, c’est comme si «on arrête un médecin parce qu’il a été intercepté en train de soigner des malades à l’intérieur de l’hôpital»…
Devant tout ça, elle ne s’étonne point. Mais elle trouve normal que ça arrive dans un pays où «la justice est injuste, détraquée et complètement dépendante des injonctions des décideurs… » écrit-elle avant de lâcher : « il faut bien justifier l’emprisonnement des journalistes intègres, quitte à tomber dans le ridicule et dans le non-sens le plus inédit de l’histoire du journalisme…»

La solidarité, ultime moyen pour faire face aux abus du pouvoir

Photo d’un groupe d’avocats ayant défendu Khaled Drareni au procès du 03/08/2010

Nous avons tous vus combien les détenus d’opinion, à l’exemple de Fodil Boulala, Samir Belarbi, et Karim Tabbou, ont été soutenu au niveau national et international. Pendant la période de leur incarcération, le peuple sortait chaque vendredi danse les rues pour réclamer «la libération des détenus». La manifestation était à la fois pacifique et multicolore. Chacun a protesté à sa façon malgré la répression exercée par les services de sécurité. En mai dernier, des artistes algériens avaient animé un concert virtuel pour soutenir les prisonniers du Hirak. Intitulé «chansons pour la paix», cet événement musical n’avait pas pour objectif de s’éclater mais plutôt de dénoncer les atteintes à la liberté d’expression en Algérie.

En somme, ces actions de solidarité n’ont pas cessé jusqu’à la mise en liberté en liberté «provisoire» de plusieurs activistes, le 5 juillet dernier sous prétexte de «grasse présidentielle».

Mais, les arrestations, elles, continuent toujours. Plusieurs cas similaires ont eu lieu dans différentes villes du pays. Celui de Khaled Drareni est devenu « emblématique». A son procès, tenu ce lundi 3 août, trente avocats ont pris sa défense. Mais cela n’a pas empêché le procureur de requérir une lourde peine contre le journaliste et les deux autres activistes. La justice algérienne est «spéciale».

Uncompte twiter pour soutenir Khaled Drareni.

Outre les milliers de messages de soutien au gérant du site Casbah tribune, un comité de soutien a été créé pour réclamer sa libération. Ainsi des pages et des groupes sur les réseaux sociaux sont nées.

M. Outemzabt.

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