Algérie : El Watan privé de publicités pour avoir enquêté sur les enfants de Gaïd Salah !


Le quotidien indépendant algérien El Watan a été privé de publicités après la parution d’un long article sur les enfants de Gaid Salah et qui a fait la Une du journal.

«Je confirme que le journal a été privé de publicité publique après la publication de cet article…C’est comme à l’époque de Saïd et Abdelaziz Bouteflika (l’ex-président déchu et son frère Saïd). Ce sont des pressions et des chantages intolérables» a confirmé le directeur du journal, Tayeb Belghiche à l’AFP.

Pas trop étonnant. Cette punition voulue n’est autre qu’une déception des proches de l’homme «fort» de l’Algérie post-22 février 2019. Les révélations d’El Watan ont mis à nu les orphelins d’Ahmed Gaïd Salah qui ont «amassé des fortunes colossales». Interdits de sortie du territoire algérien, deux des fils de l’ex général major, font l’objet d’une «enquête judiciaire», révèle encore le quotidien.

Pression et menace de mort : oui l’État veut garder le monopole !

«L’Etat garde le monopole sur la répartition de la publicité des gros annonceurs par le biais de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) qui a longtemps servi de pompe à fric pour de nombreux titres proches du régime.» telle est la déclaration du journal en ligne Le Matin d’Algérie, un médias qui continue dans la même ligne éditoriale de l’ancien quotidien indépendant Le Matin, suspendu par Bouteflika en 2004.

Le quotidien subit une pression depuis la parution de cette enquête. On lui a reproché l’illustration de la Une du journal qui portait la photo du défunt Gaïd Salah «avec un titre «tendancieux» et qui soit disant «porte atteinte à l’image de l’armée».

Ainsi, nous apprenons qu’une campagne virulente est lancée sur les réseaux sociaux contre El Watan et certains de ses journalistes. Il s’avère que la journaliste Salima Tlemçani est «menacée de mort».

«Depuis la publication par le journal d’un article, sur les enfants du défunt chef de l’Etat major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, je suis traitée de tous les noms et sobriquets, jetée à la vindicte populaire, et même menacée de mort» a-t-elle dénoncé sur sa page Facebook.

«Cela me rappelle les années 90, lorsque les groupes islamistes armés diffusaient leurs « fetwas » contre ceux qui ont refusé de se plier à leur sentence : le cercueil ou l’exil. A l’époque, j’ai choisi le cercueil, étant convaincue que le rendez-vous avec la mort ne pouvait être fixé que par Dieu. J’ai choisi le cercueil étant convaincue que le témoin que j’étais durant cette décennie de sang et de dévastation, vécue par le peuple algérien en général et les professionnels des médias en particulier qui comptabilisaient quotidiennement les nombreuses victimes du terrorisme intégriste, tombées en martyres sous les balles assassines, égorgées, décapitées et déchiquetées, doit apprivoiser la mort et l’avoir comme compagnon, en comptant sur les prières de ma défunte mère, pour m’en sortir vivante» écrit elle.

Dans son communiqué, la rédaction d’El Watan, a pourtant précisé que son enquête n’a pas visé l’institut militaire.

De son côté RSF (Reporters sans frontières) a dénoncé cette repression exercée sur les médias et qui «se poursuive». Elle a appelé les autorités à «respecter la liberté d’expression».

Mazigh kadri.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s