Quand jugera-t-on l’ex-président A. Bouteflika ? (2) par Youcef Dris



[…] De toute façon, rien ne s’oppose à une telle hypothèse, car l’immunité présidentielle n’est nulle part mentionnée dans la constitution, et rien n’écarte, juridiquement, l’hypothèse d’une convocation d’Abdelaziz Bouteflika.
L’article 177 de l’ancienne constitution prévoit que le président de la République puisse être jugé par une Haute Cour de l’État. Si d’aventure les magistrats devaient retenir d’autres chefs d’inculpation, alors l’ancien chef de l’État ne pourrait se prévaloir d’aucune immunité présidentielle, et pour cause : cette immunité n’est nulle part mentionnée dans la Constitution. Il peut être donc inculpé d’Obstruction à la justice, dissimulation de preuves, trahison, complicité, atteinte aux intérêts du pays ou à l’économie nationale.

C’est du reste, les affaires les plus compromettantes pour Bouteflika et dans lesquelles sa responsabilité directe est pleinement engagée, auxquelles pourraient être ajoutés le détournement et dilapidation des deniers publics, l’abus de fonction et conflit d’intérêts. Les affaires de l’autoroute Est-Ouest, l’affaire Sonatrach 2, et tant d’autres encore, pour lesquelles les contrevenants n’ont jamais été inquiétés car protégés par Bouteflika. C’est à peine si Amar Ghoul est interrogé. Abdeslam Bouchouareb, l’un des noyaux de la corruption sous l’ère de Bouteflika est recherché par la justice. L’homme était très proche de Saïd Bouteflika. Les audiences du procès de la Aïssaba ont notamment révélé qu’en échange de divers avantages accordés aux hommes d’affaires dans le dossier de montage automobile. Il a également reçu des milliards de pots-de-vin d’hommes d’affaires et des concessionnaires.il a perçu l’équivalent de 7 millions de dollars (6,3 millions d’euros) de cadeaux, dont une villa sur les hauteurs d’Alger.

Ce haut fonctionnaire -en cavale- serait également titulaire de huit (8) comptes bancaires où il a placé des dizaines de milliards de dinars et des sommes colossales en devises. En plus, il a obtenu des transferts bancaires entre 2016 et 2017, dont deux transferts respectivement de 13 et 10 milliards. Abdeslam Bouchouareb s’est réfugié au pays du Cèdre où l’extradition est souvent difficile en raison de la corruption régnante. Lorsqu’il a accroché son wagon au train conduit par Bouteflika , il s’est habilement débarrassé de tous ses rivaux, d’une autre. Abdessalem Bouchouareb après avoir trahi Ahmed Ouyahia sur ordre de Saïd Bouteflika, il en fit de même pour faire tomber Abdelmalek Sellal dont il contestait l’autorité. Seule fausse note dans ses plans, le retour de Chakib Khelil sur la scène politique. Lui qui fixait comme objectif intermédiaire avant d’arriver au palais de la rue du Dr Saadane, le regroupement des trois branches, hydrocarbures, énergie, industrie et mines, dans un seul ministre pour faire main basse sur les richesses du pays, en s’appuyant sur Ali Haddad et les Kouninef par des investissements dans l’amont et l’aval pétrolier.

Y.D.
(à suivre…)

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