Alger-Paris : histoire d’une polémique autour d’un reportage «biaisé» !

Alger-Paris : histoire d’une polémique autour d’un reportage «biaisé» !

Le problème « médiatique» pourrait-il devenir « politique» ? Oui ! L’affaire de l’enquête exclusive de la chaîne de télévision française M6 en Algérie pèse trop lourd. Les idées divergent. Mais le pouvoir algérien a mis le point sur le « i ». L’histoire «passionnelle entre Alger et Paris» devient amère.

«C’est la règle du jeu», estime le quotidien d’Oran qui relève une «censure voulue» ayant obligé les journalistes de M6 à faire un «contournement voulu». Ces obstacles sont vécus par la plus part des journalistes algériens. Donc, «n’importe quel journaliste étranger en reportage en Algérie est obligé de raconter des bobards s’il travaille sur un sujet susceptible d’inquiéter ou de déranger le pouvoir» écrit encore le quotidien.

Certes, un journaliste qui souhaite enquêter sur un sujet sensible comme celui des victimes de la décennie noire «n’a aucune chance d’obtenir une autorisation». Beaucoup de reportages ont été censurés et interdits en Algérie. Le pouvoir bloque tout ! C’est d’ailleurs le cas d' »El Djazairia » et « Mon journal ». L’un a repris l’affaire de l’appartement de la fille à Abdelmalek Sellal, et l’autre a mené un travail sur la santé de Bouteflika. Les deux ont été suspendus.

Si ce n’était pas le cas, et que nos journalistes algériens n’ont pas été empêchés de réaliser des reportages dans ce sens, ces médias ne seraient jamais contraints de venir jusqu’à chez nous pour commettre ce désastre.

Oui il s’agit d’un désastre journalistique. Car, après tout, il fallait rester professionnel et respecter la vie et le choix des autres. Tenir en compte des principes des gens interviewés et de leurs exigences.

M6 a rassuré vouloir s’intéresser au dynamisme culturel de la ville d’Oran, mais au final elle «interroge les futurs harragas sur leurs motivations et leur haine du pouvoir.» Elle «censure» une partie de son reportage et met en avant des scènes de « intolérables». Chose injustifiable.

«Sur le plan éthique, on peut adopter la posture de l’indigné, estimant que cela n’est pas professionnel. En réalité, c’est la censure pesante qui oblige à faire le filou. Si l’information était vraiment libre en Algérie, de tels procédés seraient inutiles.»

Quotidien d’Oran.

M6 justifie : « notre équipe était en règle !« 

Face à la réaction sévère du ministère de la Communication algérien qui l’a accusé d’avoir fait recours a «de fausses autorisations de tournage, et manipulation des jeunes témoignant à visage découvert», M6 a démenti tout cela.

Oui. Dans son communiqué publié mardi dernier, la chaîne a catégoriquement démenti avoir eu recours à ce genre de travail. La chaîne a affirmé que son équipe a travaillé avec une « autorisation de tournage délivrée initialement en mai 2018 et  prolongée plusieurs fois jusqu’en 2019 ».

Donc grâce à cette autorisation l’équipe de tournage, qui a été «contrôlée à plusieurs fois» a mené son travail dans une transparence totale au su et au vu. Le communiqué révèle également que «le tournage des plateaux de Bernard de la Villardière sur place a été refusé et qu’il n’a donc pas eu lieu.»

Un droit légitime à l’information du public ?

M6 n’a pas exprimé ses excuses. Elle s’est défendu, bec et ongles et a défendu son équipe. Elle a surtout tenté de nous faire croire que la réalisation de son reportage sur le hirak est un « droit légitime à l’information du public ».

« Les évolutions de la société algérienne constituent un sujet d’intérêt général qui mérite d’être traité dans le cadre du droit légitime à l’information du public », déclare t’elle.

La chaîne de télévision française M6 a saisi l’occasion pour demander au gouvernement algérien d’annuler sa décision d’interdiction d’opérer en Algérie, et la laisser travailler dans toute objectivité et continuer sa mission.

Au moment où l’on attend de tirer au clair cette affaire «sensible», en France, un algérien a fait l’objet d’une accusation dans l’attaque à l’arme blanche, qui a eu lieu le vendredi 25 septembre, devant les anciens locaux du journal satirique français Charlie Hebdo.

En effet, ce jeune de 33 ans a été interpellé et placé en garde à vue alors qu’il s’est avéré qu’il aurait tenté «d’arrêter l’assaillant », selon Mme. Lucie Simon, l’avocate du jeune homme.

M.O.

Ina Presse

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