Attaque au marteau devant Notre-Dame de Paris : Farid Ikken condamné à 28 ans de prison

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Le procès de farid Ikken, l’étudiant algérien qui a attaqué, le 6 juin 2017, deux policiers avec un marteau devant la cathédrale Notre-Dame, s’est ouvert ce mercredi à Paris. N’ayant pas avancé la raison de son acte « djihadiste », le quarantenaire a été condamné à « 28 ans de prison ferme dont deux tiers de sureté. »

L’accusé est jugé pour «tentative d’homicides volontaires avec préméditation sur des personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste». Justifiant son acte de « résistance politique » Farid a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de « tuer » le policier mais seulement le « blesser ». Au tribunal, il a renoncé à ses deux avocats car il a préféré se défendre seul.

Farid est-il vraiment un « terroriste » ?

Farid Ikken/ Photo procurée par le Point

Mystérieuse est cette affaire. Les enquêtes approfondissent davantage et les médias saisissent la moindre information. D’ailleurs, on traite déjà l’accusé de « terroriste » affilié à un groupe djihadiste. En revanche, Farid, jeune cultivé et très calme, reste sur sa position et qualifie son acte de « politique ». « Je n’avais pas l’intention de tuer le policier mais de le blesser seulement » a t-il dit.

Son but était d’attirer l’attention de l’opinion publique notamment française sur le massacre de « ses » petits frères et sœurs à Mossoul et en Syrie par l’armée française.

Ancien journaliste, interprète en langue arabe et suédoise, doctorant,…En sommes, rien dans son parcours ne laissait dire qu’il était un criminel. Farid Ikken est natif de Béjaia (Kabylie). Il est issu d’une famille nombreuse «peu pratiquante religieusement» et connue pour sa tolérance. C’est ce qui a, d’ailleurs, choqué son entourage et surtout sa famille.

«On peut tous à un moment ou à un autre commettre un acte qui peut être considéré comme terroriste sans être un terroriste », avait déclaré pour Le Point Nadjib Ikken, le neveu de Farid.

Brillant et studieux

Après ses études de supérieur, l’étudiant a quitté le pays pour la Suède, en 2001. Il réussit ses études, y décroche un mastère de journalisme et se marie d’une Suédoise. Un bonheur qui a duré presque 10 ans. Il y avait travaillé comme pigiste dans une radio locale. Divorcé, il tombe dans le chagrin et décide de retourner en Algérie pour lancer un site d’information. Deux ans plus tard il ferme son site faute de rentes.

Au bled, il avait seulement envisagé de rester quelques mois pour régler un «litige familial». Malheureusement, la tâche semblait difficile à accomplir pour cause d’un conflit.

Cependant, les relations au sein de la famille s’étaient dégradées à cause des différends liés au partage de l’héritage. Sous la pression, Farid avait donc décidé de quitter Akbou pour s’installer au centre-ville de Béjaïa, ou il a loué un appartement. Il a rejoint ses anciens collègues bureau régional du quotidien francophone El Watan, dans le but de collaborateur.

C’est en 2014 qu’il était arrivé en France pour mener une thèse de doctorat sous le thème «les nouveaux médias et les élections au Maghreb». Malheureusement celle-ci a été interrompue par son acte « terroriste » qui lui a valu la prison à vie !

Que s’est-il passé exactement ?

Radicalisation ? Dépression ? Déséquilibre ? Coup de pétage ? Personne n’arrive à expliquer la raison de cette bascule soudaine de Farid. Ce que l’on sait, c’est que le 6 juin 2017 aux environs de 16h20 (heure locale), il a décidé de sortir dans la rue avec marteau à la main. Il avait « tenté » de tabasser l’un des policiers en criant : « ça c’est pour la Syrie. »

Les faits se sont déroulés dans un climat de « d’inquiétude » et de « choc ». L’un des policiers a été « légèrement » touché à la tête. L’autre policier a sorti son arme et a ouvrent le feu sur Farid pour le tuer. Par miracle, l’agresseur n’est pas mort. Il a pris une balle au thorax. Tombé par terre, Farid Ikken a été neutralisé, arrêté puis hospitalisé sous haute surveillance.

Après enquêtes et fouilles, les policiers ont trouvé dans son sac deux couteaux de cuisine de 18 et 26 cm, un ordinateur et des clés USB contenant « des vidéos de propagande djihadiste ». A son domicile, un petit studio dans une résidence étudiante (RE) à Cergy, ils ont trouvé un appareil photo contenant une vidéo enregistrée la veille de l’attaque. Selon, la source policière, dans ces vidéos l’assaillant prêtait allégeance à Daesh.

Pour Thibault de Montbrial, avocat de l’un des policiers attaqués, l’un des deux qui a tiré sur Farid Ikken, la volonté de tuer de l’accusé ne fait aucun doute et doit être reconnue. «Mon client a été confronté brutalement à une violence extrême. Ça l’a beaucoup perturbé, et il a quitté la région parisienne après cela. C’est important pour lui que la qualification (d’homicide, ndlr) soit en adéquation avec ce qu’il a vécu», explique l’avocat à l’AFP. La cour tentera également de savoir ce qui a fait basculer Farid Ikken, étudiant discret et multidiplômé – un profil atypique dans ce genre d’attaques – dans la violence djihadiste.

M.Outemzabt Avec / AFP

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