Dossier mémoriel : l’Algérie exige toujours la « repentance » de la France

Dossier mémoriel : l’Algérie exige toujours la « repentance » de la France

L’Algérie a commémoré ce samedi 08 mai sa première « journée nationale de la Mémoire » en commémorant le 76e anniversaire des massacres du 08 mai 1945 perpétrés par la France coloniale. À cette occasion, le porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer maintient son exigence d’une « repentance » de la France face à ses crimes commis durant toute la période de la colonisation (1830-1962).

« L’Algérie reste attachée au règlement global du dossier mémoriel », qui repose sur « la reconnaissance officielle, définitive et globale, par la France, de ses crimes, qualifiés par Macron lui-même de crimes contre l’humanité, la repentance et des indemnisations équitables ». », a précisé M. Belhimer dans un message à l’occasion de la célébration de la première journée nationale de la Mémoire.

Le règlement doit également concerner « la prise en charge des conséquences des explosions nucléaires », « la remise des cartes d’enfouissement des déchets de ces explosions, considérées par des experts et des historiens algériens et français parmi les pires crimes commis en Algérie conformément à la politique génocidaire prônée par la colonisation française », a ajouté le Porte-parole du gouvernement.

Il est à rappeler que la France avait entamé 17 essais nucléaires au Sahara algérien entre 1960 et 1966, sur les sites de Reggane puis d’In Ekker. Onze (11) d’entre eux, tous souterrains, sont postérieurs aux accords d’Evian de 1962, qui actaient la fin de la guerre d’indépendance de l’Algérie, mais une clause permettait à la France d’utiliser jusqu’en 1967 les sites du Sahara.

Des lobbies font pression pour empêcher le processus du dossier mémoriel

Le porte parole a fait savoir que certains lobbies, que ce soit en France ou en ailleurs, mettent des battons dans les roues afin d’entraver cette affaire de « repentance » et le « dossier mémoriel » dans le but de « nuire à l’Algérie ».

« Nous sommes conscients que les lobbies hostiles à l’Algérie, en France et ailleurs, continueront à faire pression par tous les moyens pour entraver le processus du dossier mémoriel, mais nous resterons attachés à notre position de principe sur ce dossier qui fait l’unanimité auprès de la nation algérienne tout entière : citoyens, officiels, historiens, experts, organisations de la société civile et médias » a t-il avancé.

Face à cette situation Belhimer se félicite « la volonté politique fondée sur la préservation de l’unité de la nation ». Il ne se gène pas de rappeler la déclaration du président Tebboune dont il avait souligné que « l’Histoire d’Algérie restera au premier plan des préoccupations de l' »Algérie nouvelle » et sa jeunesse ». « Une histoire que nous ne saurions, en aucun cas, omettre dans nos relations étrangères ». »

M.Belhimer met l’accent sur des « acquis » réalisés par l’Algérie « d’une grande valeur morale ». Il cite à titre d’exemple, « la récupération des crânes des héros de la Résistance nationale« , « la levée du secret-défense sur les archives classifiées de plus de 50″ ans et la « reconnaissance par la France de la torture et de l’assassinat de symboles de la guerre de libération nationale. »                               

M.Belhimer a souligné, dans ce contexte, que le slogan « la mémoire rejette l’oubli » retenu pour la célébration de cette occasion « résume la position immuable de l’Algérie visant à exiger de la France qu’elle assume pleinement ses responsabilités dans les crimes qui avaient fait des millions de victimes durant 132 ans de colonialisme barbare ».

M. Outemzabt / agences

Ina Presse

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