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Afrique du Sud : violences et pillages en pays zoulou et à Johannesburg

C’est la pagaille générale au Afrique du Sud. d’abord en pays zoulou puis à Johannesburg. L’atmosphère est gagnée par des violences tous azimuts. Et c’est inquiétant. Routes barrées, pneus brulés dégageant des brumes épaisses et noirâtres. Les pillages sont devenus une monnaie courante. 62 arrestations ont été enregistrées depuis vendredi dernier.

En effet, dans l’est, l’incarcération jeudi de l’ancien président Jacob Zuma, condamné pour outrage, a provoqué l’ire chez les manifestants qui ont exprimé leur mécontentement. Ils ont procédé à la fermeture de route nationale (RN) reliant Durban à Johannesburg, à proximité de la prison d’Escourt où il se trouve et 23 camions ont été incendiés.

La police a procédé à l’arrestation de 62 personnes depuis vendredi : 37 dans la province du Kwazulu-Natal (KZN, est) et 25 dans les quartiers pauvres de la capitale économique, selon un communiqué diffusé dimanche à la mi-journée.

L’armée va prêter main forte à la police dans les provinces du Kwazulu-Natal (Est) où des violences ont éclaté depuis vendredi, et aussi à Johannesburg

Voire le tweet de l’apf : https://twitter.com/afpfr/status/1414558910913171457?s=2

 

« On ne connaît pas encore bien la raison des débordements. Ce qu’on sait, c’est que tous les magasins, toutes les voitures ont été pillés », commentait dimanche auprès de l’AFP Sphamandla Ndlazi, à Jeppe, un quartier déshérité de Johannesburg. Et d’ajouter : « difficile de savoir ce qu’il y a derrière, la raison de tout ça ».

M. Zuma, 79 ans, condamné fin juin, traîne derrière lui de nombreux scandales de corruption

Le président Cyril Ramaphosa a réitéré son inquiétude dimanche soir sur ces violences « de plus en plus violentes », dans un discours télévisé consacré à la pandémie. « Certains se sentent sans doute blessés et en colère mais rien ne justifie des actions aussi destructrices », qui risquent de plomber encore une économie fragilisée, a plaidé le président.

Tout ça pour cause de l’arrestation de M. Zuma, condamné fin juin. A 79 ans, il traîne derrière lui de nombreux scandales de corruption. Mais la figure de l’ancien combattant anti-apartheid reste populaire, notamment dans sa région d’origine dont il incarne les valeurs traditionnelles.

Dans le KZN, la police a été « bien occupée » ce week-end, a expliqué son porte-parole Jay Naicker, évoquant auprès de l’AFP des « criminels et (des) individus opportunistes » profitant du climat tendu pour « s’enrichir » : plusieurs magasins ont été pillés aux environs de Durban et encore dans la soirée de dimanche.

Des magasins vendant de l’alcool, fermés depuis deux semaines en raison des restrictions dues au Covid, ont été ciblés mais la police a réussi à les protéger, a-t-il précisé. 

A Johannesburg, où des miséreux mendient à chaque carrefour en cet hiver austral confiné, des rassemblements, interdits, ont dégénéré en violences et en pillages, donnant lieu à 25 arrestations. A Jeppe, la police dit avoir dispersé une foule de 300 personnes qui avaient érigé des barricades sur un axe routier majeur, avant de piller des commerces.

Idem dans le township d’Alexandra, frontalier du quartier le plus cossu de la ville, où près de 800 émeutiers ont affronté les policiers dans la nuit, blessant l’un d’eux par balle. Les forces de l’ordre restent mobilisées dans ces deux régions, « en état d’alerte » sur les principaux axes et points chauds. Et des commerces prévoyaient de rester fermés lundi, pour éviter la casse, a-t-on appris auprès d’associations de quartier.

Ina avec Afp

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