Skip to content

Amnesty : « la répression s’intensifie contre la société civile en Algérie »

Selon Amnesty internationale, « les autorités algériennes ont intensifié leur attaque contre la société civile ces dernières semaines ». La source affirme également que « quelque 27 défenseurs (es) des droits humains et militant·e·s pacifiques ont été arrêté en février. »

Aucune description de photo disponible.

Faleh Hammoudi

L’on cite entre autres, M. Faleh Hammoudi, responsable du bureau de Tlemcen de la Ligue algérienne pour la défense des droits humains (LADDH), qui a été condamné le 20 février, par le tribunal de la ville de Tlemcen, dans l’ouest du pays, à trois ans d’emprisonnement et à une amende de 100 000 dinars algériens. Il y au également Zaki Hannache, un militant connu pour son travail de suivi de la répression imposée par le gouvernement au Hirak, qui, quant à lui, été placé en détention provisoire le 24 février, par le juge d’instruction d’Alger.

La liste est longue. Certes, malgré que les autorités algériennes aient initialement toléré certaines manifestations et limité les poursuites aux personnes portant le drapeau amazigh pendant les manifestations, la procédure d’arrestations fait peau neuve. Cependant, depuis 2021, le pouvoir en place « tente de mettre fin aux manifestations du Hirak ». Chose faite ! D’ailleurs, « 290 personnes languissent actuellement dans les prisons algériennes pour avoir simplement exprimé pacifiquement leurs opinions. », selon le CNLD et la LADDH.

Pour Amna Guellali, directrice adjointe d’Amnesty International : « les accusations forgées de toutes pièces et motivées par des considérations politiques portées contre Faleh Hammoudi et Zaki Hannache sont caractéristiques de l’intensification de la répression de la dissidence par les autorités algériennes, qui utilisent la loi comme une arme pour museler leurs détracteurs ».

« Trois ans après le début du mouvement de protestation du Hirak, les autorités algériennes poursuivent l’intensification de leur répression. Nous demandons la libération de tous les militant·e·s et défenseur·e·s des droits humains pacifiques en Algérie. »

Des membres de la « LADDH » font l’objet de poursuites pour leur participation au Hirak

Afficher l’image source

Huit autres membres de la LADDH font actuellement l’objet de poursuites pour leur participation au Hirak ou pour avoir critiqué les autorités. Au moins quatre font l’objet de poursuites liées au terrorisme, vaguement définies au titre de la loi algérienne de sorte à y inclure le fait d’« œuvrer ou inciter à accéder au pouvoir ou à changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels ».

Parmi ces personnes figure Hassan Bouras, actuellement en grève de la faim en contestation de son maintien en détention provisoire depuis le 12 septembre 2021. Kaddour Chouicha, vice-président de la LADDH, et Djamila Loukil et Said Boudour, membres de la LADDH d’Oran, sont également poursuivis depuis avril 2021 pour des accusations liées au terrorisme, mais ne sont pas en détention.

Zaki Hannache a été arrêté le 19 février 2022 et est poursuivi pour « diffusion de fausses informations » en raison de son travail de suivi des grèves de la faim menées par plusieurs personnes en détention provisoire qui avaient été arrêtées pour avoir participé aux manifestations du Hirak ou pour avoir critiqué les autorités. Zaki Hannache fait également l’objet de poursuites pour un chef d’accusation d’« apologie du terrorisme » en raison de ses publications en ligne, notamment l’une d’elles datant de février dans laquelle il évoquait le vidéaste YouTube Amir DZ, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt en raison de son militantisme.

En décembre 2021, Zaki Hannache a remporté le prix Ali Boudoukha pour son travail sur les arrestations de militant·e·s, de manifestant·e·s pacifiques et de journalistes. D’après un avocat connaissant l’affaire, la police a saisi le trophée et l’argent accompagnant le prix lorsque Zaki Hannache a été arrêté chez lui. Il fait également l’objet de poursuites pour réception d’argent en vue de « porter atteinte à la sécurité de l’État, à la stabilité́ et au fonctionnement normal de ses institutions, à l’unité́ nationale, à l’intégrité territoriale, aux intérêts fondamentaux de l’Algérie ou à la sécurité et à l’ordre publics », au titre de l’article 95 bis du Code pénal, des poursuites passibles d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à sept ans et d’une amende pouvant atteindre 700 000 dinars algériens.

Avec Amnesty.

1 Comment »

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :