Skip to content

Bradage du foncier à Melbou (Béjaia) : « la guerre froide »


La commune de Melbou, une station balnéaire située au nord-Est de la wilaya de Béjaia, fait face à un sérieux problème de foncier. Entre le bradage et les projets du Calpiref, il n’y reste plus d’assiettes foncières pouvant abriter des projets de développement local. Ce qui a tant agacé la population qui a engagé plusieurs mouvements de protestation. Mais en vain !

En effet, en 2018, plusieurs manifestations ont été menées dont une grande marche organisée par les citoyens et le mouvement associatif. Il y avait, au premier rang, le P/Apw, M. Heddadou, son adjoint et le député M. Chafaa Bouaiche. Une famille opposante qui a tant essayé de faire face à Boukandoul Saïd, un affairiste bien « calé ».

Le président d’apw de Béjaïa M. Haddadou, avait déclaré «qu’il n’était pas question de laisser ces gens s’accaparer du foncier de l’Etat, à Melbou ou ailleurs.»

Malheureusement, les travaux ont connus un grand exploit plus particulièrement durant la période de la lutte contre la pandémie CoVid-19 et du confinement partiel.

Face à cette situation et suite à l’indignation des citoyens, le P/APC de Melbou, M. Benkhalfoune, a réagi en Avril dernier. Dans une déclaration rendue publique, celui-ci a promis des mesures très strictes à l’encontre de ces personnes. «Ces gens sans scrupule ni foie avaient saisi du mouvement populaire (Hirak) et de la situation que vit le pays, pour squatter des terrains domaniaux et forestiers. » avait-il déclaré.

Selon ce dernier, plusieurs mises en demeure ont été adressées par services de l’apc de Melbou, à l’homme d’affaires pour arrêter les travaux de construction d’un mur de clôture en dehors de son certificat de possession au lieu dit ex-carrière, ainsi un arrêté de démolition est en cours de notification.»

Démolition, saisie et remise en état des lieux du site squatté par Boukandoul

Démolition de la clôture érigée par de Boukandoul Saïd (mois de mai).

Après une longue lutte, le 21 mai dernier, les agents forestiers de la circonscription des forêts de Souk El Tenine en présence de la de Gendarmerie Nationale de Melbou et du P/APC de Melbou, ont entamé une opération de démolition, de saisie et de remise en l’état des lieux au niveau dudit site occupé illicitement par Boukendoul Said, au niveau du canton Melbou relevant du DFN de Béni Segoual».

La procédure a été menée en exécution de la réquisition délivrée par monsieur le Procureur de la république près le tribunal de Kherrata. La population exprimé sa satisfaction et son pleine adhésion à cette opération jusqu’à la récupération de la totalité du terrain squatté.

Calpiref : ce point noir du développement local

Construction de plusieurs structures hôtelières en face de la mer.

Outre ces squattages tous azimuts, la société civile tire la sonnette d’alarme sur le projet du Calpiref. Un grand projet de réalisation de 14 structures hôtelières est en cours d’exécution dans cette station balnéaire malgré l’opposition des citoyens qui ont exigé son gel immédiat sur tout le territoire de la commune. Selon eux, ce nombre de projets est très loin d’être « nécessaire ».

Avant la propagation de l’épidémie CoronaVirus, l’ensemble des citoyens menait des actions de protestations contre ces projets auxquels ils s’opposent. Aujourd’hui, en l’absence des manifestations « on profite du confinement pour avancer les travaux malgré le confinement. »

«Nous ne sommes pas contre les investissements. Nous voulons de vrais programmes de développement et non des détournements de biens publics à des fins personnels sous prétexte d’investissement.»

déclaration d’un citoyen.

Et d’enchaîner : «le problème du programme CALPIREF n’est pas l’apanage d’un cercle ou d’un autre et n’est pas limité au chef-lieu de la commune seulement. Le problème est plus profond et les habitants en sont conscients. Une gestion réaliste et transparente du mouvement de revendication s’impose. Il faut prendre au sérieux les besoins des citoyens dans le respect des normes urbaines et socio-économiques tout en préservant le patrimoine naturel et historique.»

Il faut être convaincu de la noblesse de cette cause pour la réussir. L’APC doit prouver sa présence et maintenir son engagement de stopper cette catastrophe. Elle doit débattre avec le mouvement associatif et s’entendre sur une plateforme et une stratégie de revendication »

ajoute un autre citoyen.

Le P/apc de Melbou « coincé » ?

Le P/APC M. Benkhalfoune s’exprimant lors de la démolition du site squatté par Boukandoul.

Contacté par nos soins, le président de l’assemblée populaire communale (p/apc) de Melbou, M. Benkhalfoune Lyazid, reconnait que le projet du Calpiref est « catastrophique ». Toutefois, pour y remédier, le maire trouve ceci « pénible ». « Comment voulez-vous que j’arrête les travaux après que les permis de construire aient déjà été délivrés aux bénéficiaires qui ont débuté les travaux. Pis, ils n’ont pas été signés par le p/apc mais par un wali » a t’il clamé.

Le maire reconnait aussi la gravité de la situation et tient à nous témoigner que la commune est désormais dépourvues d’assiettes foncières. Il avoue par ailleurs que plusieurs projets ont été quémandés. A titre d’exemple, il a été sollicité pour l’implantation d’une fromagerie, d’un centre de tri automatique de déchets avec un matériel adéquat. Un autre preneur a proposé la construction d’une petite usine de transformation du lait en poudre en lait de sachet. Un projet qui demande une parcelle de pas plus qu’un hectare. Il aurait dégagé plus de 60 postes d’emploi permanents….

Faute de terrains, l’Apc de Melbou est aujourd’hui dans l’incapacité de réaliser ses projets. Les citoyens auraient aimé que la moitié des terrains destinés au Calpiref soient récupérés par les autorités locales. Ils déplorent le manque de plusieurs structures sportives, Loisirs, éducatives et bancaires. « La commune de Melbou, avec tous ces hôtels mérite au moins une banque ou deux. » fait remarquer un habitant. « Oui nous voulons aussi une salle omnisport, un espace de loisirs pour nous enfants.» lance un autre, dépité.

L’élu ne donne pas plus de détails. En revanche, nous devinons qu’il fait allusion à l’ex-exécutif puisqu’il estime aussi que « 14 hôtels dans une seule station balnéaire est trop et que les huit hectares de terrains attribués illicitement avant son arrivée, auraient pu être consacrés à d’autres accomplissements. »

Le projet de deux Hôtels sur le site Afalou Boulbaroud sera-t-il « gommé » ?

Projet de résidences touristiques sur le site historique Afalou Boulbaroud.

Le projet de construction de deux autres hôtels sur le site archéologique « Afalou Boulbaroud » situé en amont de la RN43, reliant Béjaïa à Jijel, à l’entrée de la ville ne fait pas l’unanimité chez les habitants. Au début du mois de février, des citoyens ont procédé à la fermeture de la route nationale pour demander l’annulation pur et simple de ces deux projets. La pression était faite. Mais les bénéficiaires ne cèdent jamais. Ils ont poursuivi les travaux.

Ayant constaté la présence de grottes le maire a saisi, le 20 février, la direction de la culture qui a immédiatement pris contact avec le centre national de recherche en archéologie (CNRA)…Un accord avait été donné pour mener des « fouilles archéologiques » au niveau de la grotte principale « Tamar Hat ». Les recherches étaient prévues pour le 1er avril précédent et devraient s’étaler sur une période de 22 jours. Avec l’arrivée de l’épidémie du Coronavirus, tout a été annulé jusqu’à nouvel ordre.

Grottes préhistoriques faisant preuve de la présence humaine par le passé.

Ces recherches archéologiques ont été confiées au Pr Slimane Hachi qui a déjà découvert l’homme d’afalou Bourmel dans les années 1980. C’est le seul moyen qui permettrait de mettre fin à ce projet. « Si les recherches mènent à la découverte d’objets, d’ossements ou tout ce qui peut prouver que le site est archéologique, le wali pourra annuler le permis de construire qu’il a signé. » avait garanti le p/apc.

Et d’ajouter « malgré mon désaccord avec ce projet, je ne peux malheureusement pas procéder à la suspension des travaux. Je suis président d’apc et je dois user de textes et de lois pour le faire et non à la manière de la rue. Il faut trouver une solution légale, car le permis de construire a été délivré par le wali…Il y a suffisamment d’hôtels dans notre commune, certes. Le lieu est digne d’un espace vert … J’avoue que c’est un projet qui se dessine tout seul. Le mouvement associatif devrait penser ainsi et s’organiser. Il faut une coordination des associations. » termine-il.

Travaux de défrichement sur le site Afalou Boulbaroud. Plusieurs arbres et plantes ont été arrachés.

Dossier : Mounir Outemzabt.

1 Comment »

  1. Oui c’est un problème majeur et les autorités locales ne feront rien du tout ! Tout le monde continuera à s’accaparer d’un morceau jusqu’à ce qu’ils ne trouveront plus ou s’enterrer !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :