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Conflit Israël-Palestine : l’Égypte veut retrouver son rôle historique


Alors que Washington reste en retrait des tractations internationales, Abdel Fattah al-Sissi tient à renouer avec son rôle régional historique de médiateurs entre Israël et le Hamas.

Cela aura-t-il lieu ? C’est la question ! L’Egypte souhaite entrer dans le jeu et imposer sa diplomatie même s’il a déjà suscité un trouble parmi les pays arabes, ayant récemment normalisé leurs relations avec l’État hébreu.

Peut-être que oui puisqu’en 2014, un cessez-le-feu avait été mis en place à l’initiative du Caire, après la guerre entre l’État hébreu et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, frontalière avec l’Égypte. Depuis le début de ce nouveau conflit, qui dure jusque-là deux semaines successive, les bombardements israéliens et les tirs de roquettes ont provoqué la mort d’au moins 222 personnes, dont la plupart sont palestiniennes.

En tout cas, c’est un « ordre » venu des Etats Unis qui ont demandé au Caire et à d’autres alliés arabes, dont Tunis et Doha, de s’investir pour obtenir un cessez-le-feu. « Dans une région où les États de la normalisation étendent leur relation avec Israël, l’Égypte [?] a intérêt à utiliser sa proximité géographique avec Gaza comme levier diplomatique », a confirmé à l’AFP M. Tareq Baconi, expert du cercle de réflexion Crisis Group.

Outre, selon Michael Hanna, expert au cercle de réflexion new-yorkais Century Foundation, c’est le soutien exprimé par le peuple Egyptien aux Palestiniens qui a encouragé Le Caire à adopter une ligne plus « ferme, plus franche » contre Israël, malgré le traité de paix de 1979. Dans un discours au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a estimé, à l’adresse d’Israël, que des « concessions » devaient « être faites ».

Rencontre entre Abdel Fattah al-Sissi et Emmanuel Macron

Lundi 17 mai 2021, le président Abdel Fattah al-Sissi a fait un point sur ces efforts de médiation avec son homologue français Emmanuel Macron, lors d’une rencontre à l’Élysée. Concrètement, une délégation égyptienne se trouve sur le terrain en Palestine pour tenter de « stopper » le conflit.

« Composée de responsables du renseignement, elle s’y trouve depuis plusieurs jours », a déclaré Khaled Okasha, membre du Conseil supérieur égyptien pour l’antiterrorisme. Le directeur du Centre égyptien d’études stratégiques, un cercle de réflexion lié à l’État, se dit confiant sur l’issue de l’initiative.

Pour Michael Hanna, « l’Égypte doit être impliquée. Il n’y a pas d’autre moyen ». Israël maintient un blocus maritime et terrestre sur Gaza depuis que le Hamas a pris le contrôle en 2007 de cette bande côtière où s’entassent quelque deux millions de personnes. Le point de passage frontalier de Rafah, à la frontière égyptienne, est sa seule ouverture sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël.

Alors que les médias égyptiens avaient coutume de désigner l’enclave de « foyer terroriste », le président Abdel Fattah al-Sissi a ordonné la semaine dernière l’ouverture du terminal pour permettre à des blessés de Gaza d’être traités dans des hôpitaux égyptiens, et pour faire passer de l’aide médicale.

« C’est une occasion de dire, pas seulement aux États-Unis, mais aux autres pays de la région, que l’Égypte reste importante », avance Michael Hanna, avant d’ajouter : « Un cessez-le-feu passera par le Caire. »

Lisa Ombre. avec afp

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