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Discrimination ordinaire !


Par Youcef Dris (écrivain)

Des avocats ont déposé une plainte contre Bengrina, le leader du parti El Bina, mercredi passé devant la Cour d’Alger, l’accusant de porter atteinte à l’Unité nationale. Récidiviste dans ses dérapages jugés « racistes », notamment contre la région de Kabylie et la langue amazigh. Le président du parti El Bina, (construction) use de propos racistes et de destruction en piétinant la Constitution qui a consacré la Tamazight comme langue nationale et officielle, sans que la loi algérienne qui condamne les propos racistes ne s’en souci.
Ce Zemmour algérien qui fait de la discrimination son cheval de bataille, nous rappelle la thèse lepéniste en confortant des attitudes chères à l’extrême droite française qui prône une hiérarchie absurde entre les régions de notre pays. S’en prendre à la langue amazighe et porter atteinte à la mémoire de tous les moudjahidine de la Wilaya III qui ont donné le plus de martyres à l’Algérie relève de la ghettoïsation, de la ségrégation sociale, territoriale, ethnique. C’est un dérapage scandaleux, ce sont des propos racistes qui sont condamnables par la loi algérienne.
Le président de la République devrait prendre des mesures. Car, à force de nier ces problèmes, on laisse toute la latitude aux extrémistes tel que ce Bengrina et Naïma Salhi, la « copine » de Bouguerra Soltani, entre autres, de distiller leur venin dans la société. Pourtant, l’injure publique, comme le fait Bengrina est sanctionnée par la loi. Sachant que ce politicien opportuniste qui a constamment soutenu le président Bouteflika, y compris sa candidature à un cinquième mandat, avait prétendu, toute honte bue, qu’il était le représentant du Hirak.
Ce phénomène de foire, habitué aux déclarations ciblant la Kabylie, s’est distingué, ces derniers jours, par un dérapage impardonnable à travers lequel il a fustigé la langue amazigh la qualifiant de « chose », violant ainsi et manifestement un article intangible de la Constitution consacrant tamazight comme langue national et officielle. Bengrina tout comme la sulfureuse Naïma Salhi, surfent sur la vague de la déstabilisation et la sécurité du pays en méprisant l’aspiration légitime de l’écrasante majorité des Algériens au changement.
Qu’ils sachent que Tamazight est définitivement rentrée par la grande porte dans la culture algérienne, et l’Etat, après son officialisation et l’intégration de Yennayer, jour du nouvel an amazigh, dans le calendrier des fêtes nationales chômées et payées, s’est réconcilié avec son identité maghrébine-amazighe, n’en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure.
S’agissant de la Kabylie, ces ignorants de l’Histoire doivent savoir que cette région d’Algérie s’est opposée à tous les envahisseurs qui ont agressé le pays de Saint-Augustin, les vandales, les Romains, les Arabes, les Turcs et ensuite les Français. Ces derniers sont arrivés en Algérie en 1830. La haute Kabylie ne sera conquise qu’en 1859. La soumission de cette région a été très longue, très difficile et très meurtrière. La première résistance surgira en 1871, avec la révolte d’El-Mokrani, qui s’appuyait sur les réseaux des confréries islamiques.
Un peu moins d’un siècle plus tard, la Kabylie a joué un rôle crucial dans la guerre d’indépendance. La wilaya III était l’un des piliers de l’armée de libération nationale. Proche d’Alger, elle représentait un intérêt stratégique essentiel, et nombre de Kabyles vivaient dans la capitale. Ils étaient aussi très nombreux à avoir émigré en France et aidaient matériellement et politiquement la lutte de libération. Beaucoup des chefs de guerre étaient kabyles, comme Amirouche, Abane Ramdane, Krim Belkacem et la liste est longue Lorsque l’on sait que Zemmour le polémiste star des plateaux télé et proche de l’extrême droite française a été jugé et condamné par la Justice française pour injure publique et provocation raciale, on se demande ce qu’attend la Justice Algérienne pour faire son office !
Y.D.

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