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France- Algérie : la crise diplomatique est au delà des mémoires !

Que peut espérer Emmanuel Macron après que ses déclarations » contre l’Algérie aient été qualifiées d’«hostiles», «d’outrage à la société algérienne, à son histoire et à sa nation». Ce n’est donc pas seulement une question de «mémoires» !

En effet, la tension monte d’un cran entre Alger et Paris. Emmanuel Macron a tiré la balle. Les «dépassements sont graves». Pour l’ensemble des députés algériens et des représentants de la société civile, « ils ne sont qu' »une preuve tangible d’une haine viscérale et d’une nostalgie du passé colonial qui demeurera une tache noire pour la France» écrivent ils dans un communiqué rendu public.

Pourtant, ce n’est pas ce que partage le président français, lui, qui a alors indiqué que le problème de ces tensions revient plutôt «au travail de mémoire réalisé par Benjamin Stora sur la guerre d’Algérie.» a t’il déclaré lors d’un entretien accordé à france Inter. Le chef de l’État français a également assuré « respecter le peuple algérien » et affirmé « entretenir des relations cordiales » avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. Mais celà n’a guère calmé les nerfs.

Un problème d’État à Etat !

Le président français a t’il voulu entrer en discorde avec l’Algérie en provoquant la colère d’Alger par des propos dont il accuse le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » sur cette guerre ?

Et puis, c’est lui même qui a précisé que «ce n’est pas un problème de personnes mais un problème d’État à État.»

En tout cas c’est ce qu’ont vite tiré les responsables algériens. D’ailleurs, face à ce « dérapage », l’Algérie a immédiatement décidé de rappeler son ambassadeur à Paris. Elle a même procédé à l’interdiction aux avions militaires français de survoler le pays.

«Je souhaite qu’il y ait un apaisement parce que je pense que c’est mieux de se parler, d’avancer», a déclaré le chef de l’État français qui n’a pas manqué d’appeler à «reconnaître toutes ces mémoires» et leur «permettre de cohabiter». …. «J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien», souligne-t-il encore.

Rien ne change, Alger reste sur sa position

Malgré ces nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron, Alger reste sur sa position et ne veut rien en savoir. C’est du moins ce qu’a confirmé une source proche de la présidence à nos collègues du « Figaro ».

«Pour le moment, la position de l’Algérie reste la même. Les propos du chef de l’État français ne changent rien», rapporte le Figaro.

Il est par ailleurs important de rappeler qu’en Algérie l’étincelle est loin d’être étreinte. L’histoire de l’Algérie est «sacrée». «Elle est étroitement liée à son passé civilisationnel de cette terre bénie ancestrale», ont tenu à souligner les représentants de la société civile, ajoutant que «de telles déclarations futiles ne sauront secouer sa grandeur ni son authenticité».

Les auteurs dudit communiqué, ont appelé la diplomatie algérienne à «poursuivre à réagir avec force à ces déclarations visant la déstabilisation de la foi du peuple algérien».

De son côté, le ministre des affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger Ramtane Laamara, a déclaré depuis Bamako que : « la France officielle a besoin de décoloniser sa « propre histoire », afin de réparer en urgence  » la faillite mémorielle qui est malheureusement intergénérationnelle chez certains nombre d’acteurs de la vie politique française parfois au niveaux les plus élevés.»

M.O.

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