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Iwal : talent chaoui sur fond d’espoir !

S’il y en a qui doutent encore que le chaoui, le mozabite et le kabyle sont des dérivées de souches communes, celles de tamazight, devraient découvrir et écouter attentivement les chansons d’Iwal, ce groupe pétillant d’énergie sur scène qui nous vient de Tkout, wilaya de Batna.

Le groupe Iwal (espoir en Chaoui) fondé par le duo Nesrine et Fayçal (unis sur scène et dans la vie), il y a 10 ans déjà, révolutionne -c’est le moins qu’on puisse dire- la chanson chaoui moderne ! Les thématiques développées démontrent, si besoin, la fracture abyssale entre la culture des villes, gangrénée par le salafisme et ses dérivées dévastatrices, et celles des « champs », encore rivées aux traditions orales.

Après les succès « Urnuchi, urnezzenz », « Inumiden », « A Hmed » et « Jarassen » (l’équivalent de « garassen » en kabyle, « binathoum » en arabe) etc., le groupe nous revient avec « Aghenja » et « Hamghart », entre autres. Deux chansons qui valent le détour. Dans « Aghenja », il est question d’invocation d’Anzar, le dieu du ciel et de la pluie selon la culture du terroir. Un titre qui n’est pas sans rappeler le « Anzar » interprété par Azal Belkadi, dans l’album Tiwizi, et celui du jeune Meksa. Preuve s’il en fallait qu’en plus de langues très proches, l’Afrique du Nord possède les mêmes référents mythologiques. Preuve aussi que, bien avant la venue de l’Islam, l’Algérie profonde était ancrée dans des croyances païennes qui ‘ont pas été totalement effacées.

L’originalité de ce groupe réside dans le fait qu’il est composé de jeunes garçons et de jeunes filles, dans le vent. Une mixité volontaire, volontariste et assumée. Et, à propos de mixité, Nesrine et Fayçal exigent de leur public une teinte familiale, à l’image de leur groupe : « A chaque fois qu’on nous invitait, on exigeait que les gens ramènent leurs femmes, leurs filles, leurs mamans. Nous sommes une famille sur scène et il n’y a pas de raison que notre public ne soit pas familial également. La société est faite de femmes et d’hommes ! ». Voilà qui est bien résumé. Une position courageuse et novatrice qui mérite respect et acclamations.

À noter que le concert, initialement prévu pour ce mercredi 7 juillet à Oran, vient d’être reporté au mois de septembre.

Souhaitons que le double album promis ne tarde pas à se trouver sur les étalages de nos disquaires et qu’une tournée internationale soit envisagée pour bientôt !

Ci-après le titre « Jarassen », une chanson phare de leur répertoire, interprétée avec le jeune Ishem. Un titre qui propose en quelques images un petit retour en arrière sur le combat noble du Hirak, à ses origines, en 2019 ! En plus des sous-titres en Français, Iwal nous gratifie de la transcription en Tamazight sur son site YouTube.

Gageons que ce groupe sympathique et engagé qui transpire un terroir haut en sonorités colorées, ne tardera pas à gravir les marches pour se retrouver sur les plus hauts podiums d’Algérie et d’ailleurs. C’est tout ce nous leur souhaitons !

Kacem Madani (Le matin d’Algérie) 

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