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«Matoub Lounès» sera officiellement le nom porté par le nouveau stade de Tizi Ouzou


Le nouveau stade de la ville de Tizi Ouzou, d’une capacité de 50 000 places, situé à Boukhalfa, portera officiellement le nom du défunt Matoub Lounès, apprend-on de son neveu Asirem qui a annoncé la nouvelle sur son compte Facebook.

«Bonjour chers enfants de Da Lwenas, je suis très heureux de vous annoncer que c’est désormais officiel. Le nouveau stade de Tizi-Ouzou où joueront les joueurs du noble club de la JSK, portera le nom de notre Légende Matoub Lounes !» a écrit Asirem, membre de la fondation qui porte le nom du Rebelle.

Lounès Matoub est un chanteur, poète, auteur et compositeur-interprète kabyle, engagé. Né un certain 24 janvier 1956 à Taourirth Moussa (Béni Douala). C’est un barde qui a été reconnu comme la plus grande figure de la chanson Amazigh. Un Rebelle. Il est considéré comme étant le symbole de la culture et de l’identité Amazigh.

Il était aussi un grand supporter de la jeunesse sportive kabyle (JSK); l’artiste le plus proche du club, qui a tant chanté et encouragé ses amis et frères. Cette reconnaissance aujourd’hui lui sera d’un apport pour ne pas dire d’un droit tant mérité suite à son combat pour, non seulement une Kabylie libre et laïque mais aussi pour une Algérie meilleure. 

« Le complexe olympique et stade de 50 000 places de Tizi-Ouzou, portera le nom de la voix du peuple, le barde Lounès MATOUB ! C’est le fruit d’un long et périlleux combat de notre frère, ex-délégué du Mouvement citoyen, Mustapha MAZOUZI, qui vient de me le confirmer par téléphone ». 

Écrit Bachtarzi Mohand-Améziane.

Matoub, L’idole de la nouvelle génération ?

Ce qui est le plus émouvant est le fait qu’il soit l’idole de la nouvelle génération qui pourtant ne l’a pas assez connu. Son noble travail a fait de lui un célèbre chanteur kabyle à l’échelle mondiale. Le bien-aimé de toutes les générations.

A vrai dire, rien d’étonnant puisqu’on entend que du bien de lui. En plus, comment ne pas tenir informée la nouvelle génération de son combat depuis sa venue au monde de la chanson. Lounès Matoub a rendu un grand Hommage aux combattants de l’indépendance algérienne. Aussitôt, il a descendu en flammes les dirigeants algériens auxquels il reproche tant d’avoir réprimé la liberté d’expression.

Comment ne pas les informer, que lounes a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. La première datait d’octobre 1988 ou il a été grièvement blessé par un gendarme. C’est une chose qu’on peut savoir puisque Matoub a chanté sa souffrance, un an plus tard dans l’album L’Ironie du sort (1989) , dont il a raconté sa convalescence.

Outre, cette nouvelle génération sait aussi que Lounès s’est opposé bec et ongles aux islamistes. Il a condamné l’assassinat d’intellectuels et de journalistes algériens sans que l’État n’intervienne n’était-ce par une simple enquête !

Face à sa position d’homme de paix et de liberté, les islamistes n’ont pas tardé à réagir. Après plusieurs intimidations, il a fini par être enlevé le 25 septembre 1994 par un groupe armé. Lounès avait passé un terrible cauchemar avant qu’il ne soit libéré grace à la grande mobilisation citoyenne qui a menacé de sillonner les montagnes. Une mobilisation restera gravée dans les mémoires des Kabyles.

Matoub ne laisse pas cet événement historique partir en fumée. Il a consacré tout un livre qu’il a intitulé le Rebelle et qui a d’ailleurs reçu le prix de Mémoire.

Oui. Comment ne pas connaître cet homme qui a tant refusé la haine et le racisme. Matoub avait aussi participé à la «marche de rameaux» pour l’abolition de la peine de mort qui a eu lieu en Italie en 1995. Dans la même année, il a reçu le prix de la liberté d’expression par le Ski Club international des journalistes de Canada.

Enfin, comment ne pas retenir la date du 25 juin 1998 ou il a été lâchement assassiné par un groupe armé jusqu’aux dents. C’était sur la route de Tala Bounane, dans la commune de Béni Aissi à Ath Douala, à quelques kilomètres seulement de son village natal. Il était en route chez lui en compagnie de sa femme et ses belles sœurs, Lorsque soudainement, dans un virage, des tires de nul part, visaient son véhicule. Ayant combattu pendant un moment, Lounès Matoub est tombé en martyre devant sa femme.

La nouvelle de son décès a troublé toute la kabylie. En l’espace de quelques heures des émeutes ont éclaté et ont duré plus d’une semaine. Les funérailles du chanteur avaient drainés des centaines de milliers de personnes, venus des quatre coins du globe lui rendre le dernier hommage.

Son dernier album Lettre ouverte aux…, paru quelques semaines après son assassinat, contient une parodie de l’hymne national «Qassaman» dans laquelle il dénonce le pouvoir en place.

Le refus du club de la JSK de soutenir Matoub Lounès en 1994

Marches et rassemblements pour libérer Matoub Lounès.

Le grand chanteur fervent supporter de la JSK depuis très longtemps n’a pas trouvé aide auprès de son club préféré lors de son enlèvement par le GIA. Pourtant il a consacré plusieurs chansons sur le club. Étonnant mais les ex-dirigeants de la JSK n’étaient pas d’accords à ce que ce club soit une «tribune d’expression» pour la revendication identitaire. Passant ! Ce n’est pas grave car la chose est claire : le club avait peur du terrorisme.

Le pire est constaté le jour de son kidnaping. Toute la Kabylie s’est révoltée pour le libérer des mains de assassins. Le monde était branché sur cette affaire. En ces moments difficiles, un ami à lui avait essayé de chercher une aide auprès des responsables de la JSK. Il leur a proposé d’annuler la rencontre opposant la JSK à un club des Aurès. Hélas, les dirigeants ont refusé. Devant ce refus, son ami tente encore de proposer le port d’un brassard noir en solidarité avec Matoub. Un deuxième refus justifié par la crainte que le club subisse des malentendus et des désagréments à cause d’une affaire jugée «politique».

Et comme d’habitude, Lounès ne laisse jamais de tels événements s’échapper. Il avait écrit dans son ouvrage Le Rebelle :

M. Outemzabt.

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