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Pegasus : l’Algérie espionnée par le Maroc


Le projet du logiciel Israélien « Pegasus » a dévoilé ses « espions ». L’un d’eux est le Maroc qui reste l’un des plus gros utilisateurs de ce logiciel, commercialisé par l’entreprise israélienne NSO Group, au détriment des élites algériennes. Le Monde a pris le temps de nous dévoiler certaines données consultées par Forbidden Stories.

En effet, en Algérie, selon le « Monde » plus de 6 000 numéros de téléphone de responsables politiques, de militaires, chefs des services de renseignement, hauts fonctionnaires, diplomates étrangers en poste ou militants politiques ont été ciblés par le Maroc. Tous ces numéros « constituent une cohorte importante, au regard des 50 000 coordonnées », selon les données partagées par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International.

L’ennemi voisin, ne s’est pas uniquement limité à l’Algérie dans cette opération d’espionnage. Les diplomates ont été surveillé dans plusieurs pays du globe, selon la même source. En France, l’opérateur de Pegasus s’est plutôt intéressé à l’ambassade d’Algérie et s’est attaqué au numéro de l’ambassadeur « Abdelkader Mesdoua », ou à celui attribué au colonel Karim Hadj Sadok, l’attaché militaire.

De l’autre côté de la Méditerranée, c’est le numéro de l’ambassadeur de France de l’époque, Xavier Driencourt, et celui attribué à l’attaché militaire français qui ont été ciblés. En plus d’un autre qui aurait appartenu à l’ambassadeur de l’Union européenne à Alger.

Par ailleurs, deux ministres successifs des affaires étrangères ont été visés : Abdelkader Messahel et Ramtane Lamamra. Ce dernier s’est vu attaquer ces deux numéros, actifs. Ce dernier, a pour rappel, occupé le poste de vice-premier ministre en plus de ministre des affaires étrangères, le 11 mars 2019, avant qu’il ne soit remplacé, le 31 du même mois, par Sabri Boukadoum (dont un numéro lui étant attribué a été visé).

Au même moment, le premier ministre, Noureddine Bedoui, dont le « Monde » a également vérifié le numéro, est victime, lui, d’une opération de déstabilisation via une officine de « presse » proche du Maroc. Noureddine Ayadi, qui a occupé successivement les postes sensibles de secrétaire général du ministère des affaires étrangères puis de directeur de cabinet de la présidence de la République, est lui aussi placé dans la liste des cibles potentielles.

Rabat a visé le sommet de l’appareil de l’Etat

La même source révèle que la famille de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika, les frères et sœur Saïd, Nacer et Zhor Bouteflika, a également été ciblée par Rabat. Celui-ci, qui ne cesse de s’attaquer à l’Algérie depuis la nuit des temps, a visiblement visé le sommet de l’appareil de l’Etat. Il a également ciblé les numéros des chefs des services de renseignement (DRS) de l’époque, comme les généraux Ali Bendaoud, Wassini Bouazza et Bachir Tartag, ou encore les commandants des forces terrestres et aériennes.

Même l’actuel chef d’état Major, Said Chengriha, qui a succédé à Ahmed Gaid Salah (décédé d’une crise cardiaque) en plein mouvement Hirak, a été visé, apprend-on encore.

Le fils de Gaid Salah « Mourad », ainsi que « Lotfi Nezzar », fils de l’ancien chef de l’armée, au début des années 1990, et ancien homme fort du pays Khaled Nezzar ont également suscité l’attention de l’opérateur de Pegasus. Le « Clan Bouteflika », ou les « oligarques », (chefs d’entreprises privées, ayant fait fortune grâce aux commandes publiques), sont dans le même sac.

Enfin, les marocains n’ont pas oublié les journalistes et les personnalités de l’opposition ou de la société civile, à l’instar de l’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi, qui avait dirigé, en juillet 2019, les travaux de la Conférence nationale de dialogue regroupant l’ensemble de l’opposition algérienne.

« Après que mon nom ait été mentionné dans l’incident de Pegasus je salue la décision du tribunal de Sidi Mhamed d’ouvrir une enquête préliminaire pour enquêter sur l’opération de surveillance par le biais de programmes d’espionnage conçus à cet effet auxquels ont été exposés des citoyens algériens et des personnalités algériennes…« 

Synthèse : Rédaction Ina

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