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Quand jugera-t-on l’ex président A. Bouteflika ? (1) par Youcef Dris.


Chassé du pouvoir par la révolution pacifique du Hirak initiée le 22 février 2019, la dernière image servie aux algériens est celle d’un homme en gandoura remettant sa démission au soir du mardi 2 avril.

Poussé à la démission par la rue, qui s’est massivement soulevée contre sa candidature à un cinquième mandat, l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika n’est plus apparu en public depuis le mardi 2 avril 2019. Depuis, l’ancien chef de l’État est contraint au silence. Que devient-il ? Comment vit-il cette déchéance, lui qui a voulu s’accrocher au fauteuil présidentiel au point d’envisager l’irréparable ?

Aux dernières nouvelles, l’ex-raïs vit toujours dans sa maison médicalisée de Zeralda, alors que bruissent les rumeurs les plus folles sur sa situation. Sa mise en accusation aurait du être prononcée après l’incarcération de son jeune frère, Saïd Bouteflika, écroué pour complot contre l’autorité de l’État, pour rendre compte devant la justice, à l’instar de ses anciens Premiers ministres et ministres, en prison pour des faits de corruption et de dilapidation présumées commis durant son règne.

C’est justement ses deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, qui ont appelé la justice à convoquer l’ex-raïs pour l’entendre sur des affaires de corruption où sa responsabilité serait, selon eux, pleinement engagée. Lors de leur jugement dans le cadre des affaires de dilapidation de biens de l’Etat, trafic d’influence, octroi d’indus avantages et blanchiment d’argent, en plus du financement de la campagne pour un cinquième mandat, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia se sont défaussés sur l’ancien raïs. « Je ne faisais qu’appliquer le programme du président », a expliqué Ouyahia, condamné en première instance à quinze ans de prison. Même son de cloche chez Sellal qui affirmait à la barre, devant ses juges que sous le règne de Bouteflika, il n’y avait ni pouvoir judiciaire ni pouvoir législatif. Il a, du reste, écopé de douze ans lors du premier procès.

Le seul pouvoir existant était celui du président. Il savait tout. Je ne faisais qu’appliquer ses directives. » Ouyahia comme Sellal possèdent suffisamment d’informations pour confondre celui qu’ils ont fidèlement servi pendant vingt ans. Voilà que deux de ses proches collaborateurs et complices devrait-on dire, deux anciens Premiers ministres, appellent ardemment à le tirer de sa retraite forcée et plaident pour qu’il soit entendu par la justice… comme témoin. Pour commencer. De toute façon, rien ne s’oppose à une telle hypothèse, car l’immunité présidentielle n’est nulle part mentionnée dans la constitution, et rien n’écarte, juridiquement, l’hypothèse d’une convocation d’Abdelaziz Bouteflika.

Y.D.
(A suivre…)

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