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Rapport Guerre d’Algérie : Stora critiqué en Algérie et ailleurs, mais il défend sa «méthode»


Le récent rapport Stora sur la « réconciliation des mémoires » entre la France et l’Algérie n’a pas été du goût des algériens. Des historiens et hommes politiques l’ont sévèrement critiqués. Benjamin Stora ne fait pas le détour pour agir vite aux reproches qui lui ont été faits. Il a défendu sa méthode qui, selon lui, « privilégie l’éducation et la connaissance de l’autre ».

En effet, si le directeur général des archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, chargé de mener ledit rapport avec l’historien B. Stora, a refusé de réagir, les historiens algériens, eux, ont tiré le fil blanc du noir. Ce rapport que M. Stora a écrit « seul et sans assistance particulière » a fait couler beaucoup d’encre. Les points soulevés dans ce rapport ne « reflètent » que « le point de vue français ».

►« Le rapport Stora ne prend pas en compte la principale demande historique des Algériens, la reconnaissance par la France des crimes commis par la colonisation », a tweeté l’ex-ministre algérien Abdelaziz Rahabi, ex-ministre.

►Ce rapport « minimise complètement l’ampleur des crimes » commis tant pendant la période coloniale que lors de la Guerre de Libération de l’Algérie, a soutenu Henri Pouillot, ancien combattant, militant antiraciste et anticolonialiste,  relevant que « certains crimes sont évoqués comme de simples exactions ».

► »Avant d’être une feuille de route pour des négociations sur des sujets sensibles entre l’Algérie et la France dans la perspective d’une future réconciliation […], interpelle d’abord l’ensemble de la classe politique française à se réconcilier avec sa propre mémoire », a déclaré à l’aps l’historien Mohammed Ould Si Kaddour El-Korso.

►Pour le sociologue et historien Hassan Remaoun, Bénjamin Stora n’a fait que répondre à la demande du président français. Il a donc « joué un rôle de facilitateur en proposant des voies et moyens susceptibles, notamment du côté français, d’aller dans cette voie ».

Benjamin Stora réplique et se défend

« J’ai simplement proposé dans mon rapport une méthode qui est la mienne depuis longtemps: connaître les motivations, la trajectoire de tous les groupes de mémoire frappés par cette guerre dévastatrice, patiemment, pour faire reculer les préjugés et le racisme », se défend M. Stora, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Algérie, dans le journal oranais.

« Les discours d’excuses ne doivent pas être des mots prononcés un jour pour se débarrasser le lendemain d’un problème si profond », ajoute l’historien.

Face à une histoire complexe, « mon rapport propose précisément une méthode qui privilégie l’éducation, la culture, par la connaissance de l’autre, et de tous les groupes engagés dans l’histoire algérienne », affirme M. Stora.

Les Harkis réclament une « reconnaissance »

En France, le Comité national de liaison de harkis (CNLH), ces supplétifs qui ont combattu pour la France et considérés comme des traîtres par beaucoup d’Algériens, a accusé M. Stora de « minimalisme ». Il a demandé « la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans l’abandon et le massacre des harkis ».

Lisa Ombre et agences

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