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Somalie : face à la sécheresse, la situation humanitaire se détériore dangereusement

En Somalie, l’inquiétude monte car la sécheresse perdure à travers le pays. Samedi, le Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, a annoncé la formation d’un comité, composé de sept membres du gouvernement, chargé d’atténuer les conséquences du phénomène climatique sur la population et le bétail. Plus tôt dans la semaine, les communiqués s’étaient déjà multipliés pour tirer la sonnette d’alarme sur une situation humanitaire critique.

Les Somaliens étaient déjà affectés par des décennies de conflit, des invasions récurrentes de criquets pèlerins ou encore la pandémie de Covid-19… Désormais la sécheresse et les pénuries d’eau aggravent encore plus la situation dans le pays.

L’agence humanitaire de l’ONU ainsi que celle en charge de l’alimentation et de l’agriculture ont toutes les deux alertées sur la menace d’une aggravation rapide de la sécheresse. Alors que près de 2,3 millions de personnes souffrent déjà des pénuries d’eau selon l’Ocha.

« En novembre on s’attendait à voir le début de la saison des pluies, mais elle n’a toujours pas commencé. Ce qui veut dire que les somaliens vont louper une quatrième saison des pluies consécutive. La situation est critique, alerte Ian Ridley, le chef du bureau humanitaire de l’ONU. Au total, on estime que près de 100 000 personnes ont déjà fui leur foyer pour trouver de l’eau, que ce soit pour leur propre consommation ou pour leur bétail. »

Les animaux meurent et les récoltes s’amoindrissent gravement. Une situation qui s’aggrave comme le confirme Etienne Peterschmitt, représentant de la FAO en Somalie.

 

Des sécheresses de plus en plus récurrentes

« D’après les prédictions météorologiques, les prochaines saisons des pluies ne s’annoncent pas bonnes. On risque d’avoir encore de maigres récoltes l’année prochaine et de continuer à voir le bétail mourir. Le tout engendrant des pertes de modes de vie mais aussi une hausse des prix, déplore-t-il. On a déjà vu le maïs et le sorgho augmenter de 30 à 60% dans certaines régions. Les projections sont donc pessimistes. On veut tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. » 

La situation inquiète d’autant plus que ces sécheresses sont de plus en plus récurrentes en Somalie. L’agence humanitaire de l’ONU estime d’ailleurs que, si les précipitations à venir ne sont pas suffisantes, le nombre de personnes dans le besoin d’une assistance humanitaire pourrait passer de 5,9 millions actuellement à 7,7 millions en 2022, alors que 71% des somaliens vivent déjà sous le seuil de pauvreté. L’Ocha et la FAO ont donc lancé un appel aux dons.

RFI.

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