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Zitouni : la question de la mémoire entre l’Algérie et la France est traitée avec sérieux


La problématique des archives est de retour en cette date historique du 05 juillet 2021. Nous avons appris que le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé que les relations algéro-françaises qui avaient suscité un réel accro après le rapport Stora, ont connu « un progrès remarquable » notamment en termes de suivi des dossiers de la Mémoire dans un cadre « de sérieux et de pondération ».

En effet, cette date du 59e anniversaire de l’Indépendance, M. Zitouni est sorti de sa réserve et accorde un entretien à l’agence de presse services. Il a déclaré que la question de la mémoire entre l’Algérie et la France, « est traitée avec sérieux et pondération loin des reliquats du colonialisme », soulignant les relations algéro-françaises « ont connu, ces derniers temps, un progrès remarquable en termes de suivi des dossiers de la mémoire ».

Pour ce qui est des dossiers (de 1830 jusqu’au 5 juillet 1962), le ministre estime qu’ils doivent être traités dans le cadre d’un « dialogue d’Etat avec Etat » loin des personnes, des groupes et des autre cercles influents », ce qui exige, a-t-il dit, « une véritable lecture objective de l’Histoire sous tous ses volets ».


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Explosions nucléaires dans le sud et le dossier des disparus en priorités ?

L’orateur ne manque pas de souligner en premier lieu les explosions nucléaires, une période historique marquée par des crimes « imprescriptibles » et dont les effets de certains subsistent à ce jour. Il y a aussi le dossier des disparus ainsi que les stigmates des lignes de Challe et Morice, les mines et les victimes du napalm, et autres crimes.

Au menu des la question des Mémoires s’ajoute le sujet des déportés de la Calédonie et Guyana et autres colonies françaises en sus des lois iniques promulguée par le colonisateur français pour confisquer les biens des Algériens (terres et biens immobiliers). Tout ça pour les redonner aux colons outre l’argent, les biens et les documents historiques précieux volés de l’Algérie.

Les dossiers liés à la mémoire étaient toujours « au cœur des pourparlers entre l’Algérie et la France dans le cadre du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français (CIHN).

Des commissions ad-hoc et les groupes conjoints regroupant plusieurs secteurs ministériels qui œuvrent constamment dans une optique globale sur les dossiers de la récupération des archives ainsi que la poursuite de la restitution des crânes de nos chouhada. « Cette démarche sera réalisée dès le parachèvement de toutes les procédures y afférentes ».
Il y a aussi le patrimoine algérien gardé en France outre le dossier d’indemnisation des victimes des explosions nucléaires au désert et sa dépollution des déchets nucléaires en sus du dossier des disparus de la révolution nationale ».

Concernant, les dossiers des archives nationales et des disparus, M. Zitouni a indiqué qu’ils  » n’ont pas connu d’évolution, ce qui requiert de la partie française de s’engager et de répondre à la demande de l’Algérie, en lui permettant de récupérer ses archives nationales et de fournir les informations suffisantes relatives aux disparus algériens et aux lieux où ils se trouvent ».

Le projet est en cours et un examen approfondi de tout ce qui est disponible comme données à ce propos » est entamé par les services de son secteur, en coordination avec plusieurs départements ministériels chargés de ce dossier.

Cela étant, un intérêt « particulier » a été accordé aux dossiers des crânes des résistants algériens, aux archives nationales et aux disparus lors de l’époque coloniale (1830-1962), en sus du dossier des victimes des explosions nucléaires françaises au Sahara algérien.

Déchets nucléaires en Algérie : la France refuse de remettre les cartes topographiques 

Selon le ministre, le Président Tebboune a demandé à la France de nettoyer les sites des explosions et le traitement des victimes (loin des indemnisations). Résultat : la France a « refusé de remettre les cartes topographiques qui permettent de déterminer les lieux d’enfouissement des déchets polluants, radioactifs ou chimiques non-découverts à ce jour. » Elle n’a pris aucune initiative pour dépolluer les sites et la France n’a fait aucun acte humanitaire en vue de dédommager les victimes ».

Les explosions nucléaires dans le désert du Sahara sont « d’irréfutables preuves des crimes perpétrés, dont les radiations continuent d’affecter l’homme et l’environnement », a-t-il poursuivi, mettant en exergue que l’Algérie « prend en compte, dans le traitement de ce dossier, l’intérêt national suprême, au service des générations. » dira M. Zitouni.

Et de préciser, « ce dossier est le plus sensible de ceux de la mémoire qui font l’objet de consultations au sein des commissions compétentes, ce qui nécessite des mesures pratiques urgentes et un règlement et un débat autour de ce dossier en toute objectivité ».


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Avec la parution du décret exécutif portant création de l’Agence de réhabilitation des anciens sites d’essais nucléaires et d’explosions nucléaires français dans le Sud algérien, ajoute M. Zitouni, l’Algérie « aura renouvelé son engagement permanent en matière d’interdiction des armes nucléaires, en tant qu’acteur actif sur la scène diplomatique internationale, ainsi que ses efforts visant à empêcher la prolifération des armes nucléaires dans le monde ».

Et l’indemnisation des victimes d’explosions nucléaires ?

S’agissant de l’indemnisation des victimes d’explosions nucléaires, le même responsable a précisé que les conditions « rédhibitoires » prévues dans la loi Morin du 5 juillet 2010 n’avaient permis aux Algériens de bénéficier d’aucune indemnisation jusqu’à ce jour, malgré le fait que ces essais nucléaires français constituent une catastrophe environnementale et humanitaire qui, après 55 ans, causent des maladies cancéreuses et des malformations physiques.

Il a également réaffirmé que les autorités françaises « insistent encore sur le fait de traiter le dossier des essais nucléaires dans le plus grand secret, en dépit des nombreuses tentatives de juristes et d’associations de victimes des essais nucléaires français en Algérie, qui ont œuvré à ouvrir l’archive, propriété des deux pays, au moins pour déterminer les sites et le champ d’essais ».

Cette démarche permettra, selon le ministre, de prendre les mesures de prévention nécessaires pour la protection de l’environnement et de la population, par crainte d’une exposition aux rayonnements résiduels dans des zones qui connaissent une augmentation en termes de nombre des cancéreux, tous types confondus, et de malformations congénitales et d’autres manifestations pathologiques troublantes ».

M.O. /aps

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